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Complications

La santé sexuelle

Diabète et sexualité : comprendre les impacts et oser en parler

Le diabète n’affecte pas uniquement la santé physique : il peut aussi avoir des répercussions sur la vie intime et sexuelle, chez les femmes comme chez les hommes. Ces difficultés sont liées à des mécanismes physiologiques et psychologiques bien identifiés.

Les composantes physiologiques

1. La neuropathie diabétique

Une glycémie élevée sur le long terme peut endommager les nerfs. Ceux-ci transmettent normalement les sensations de plaisir et participent aux réactions sexuelles.

  • Chez l’homme : cela provoque une perte de sensation au niveau du gland et/ou du pénis, pouvant entraîner des troubles de l’érection, une diminution du plaisir et des problèmes d’éjaculation.
  • Chez la femme : cela diminue la sensibilité du clitoris, qui, comme le pénis, est un organe capable d’érection. La neuropathie peut donc réduire l’engorgement du clitoris, rendre l’orgasme plus difficile à atteindre et diminuer le plaisir ressenti lors des rapports.

Cette perte de sensation de plaisir peut entraîner de l’inquiétude, une peur de l’échec et parfois un évitement des rapports sexuels. Cela peut provoquer des frustrations et compliquer la relation de couple.

Il est important de pouvoir réattribuer cette perte de sensations à la maladie Le maintien d’un bon équilibre glycémique reste le meilleur moyen de prévenir ou de limiter ces effets.

2. L’angiopathie

Le diabète peut aussi altérer les terminaisons des petits vaisseaux sanguins, ce qui limite l’afflux de sang vers les organes sexuels.

  • Chez l’homme : le flux sanguin vers le pénis est réduit, rendant l’érection moins rigide et plus difficile à maintenir.
  • Chez la femme : l’afflux sanguin vers le clitoris et les lèvres est réduit, entraînant une réduction de l’érection clitoridienne, moins de lubrification et des rapports parfois douloureux.

Ces difficultés peuvent renforcer le stress et créer un cercle vicieux mêlant anxiété, baisse du désir et évitement.

3. Les déséquilibres hormonaux

Le diabète peut s’accompagner de modifications hormonales :

  • Chez l’homme : une baisse de testostérone (hypogonadisme) peut diminuer la libido et compliquer le démarrage d’un rapport sexuel.
  • Chez la femme : des fluctuations des œstrogènes peuvent provoquer une sécheresse vaginale, des douleurs pendant les rapports, une diminution du désir et une baisse de l’érection clitoridienne.

Lorsque ces déséquilibres s’ajoutent aux troubles nerveux et circulatoires, la réponse sexuelle peut être davantage fragilisée.

4. L’inflammation chronique

L’hyperglycémie déclenche une réaction inflammatoire dans l’ensemble de l’organisme :

  • Chez l’homme : cela peut favoriser l’apparition de balanites, rendant le gland sensible et favorisant les mycoses.
  • Chez la femme : l’inflammation favorise l’apparition de mycoses vaginales et d’irritations, réduisant la sensibilité clitoridienne et le confort lors des rapports.

La douleur ou l’inconfort peut naturellement conduire à éviter les rapports et à renforcer l’appréhension.

Les composantes psychologiques

La fatigue chronique est fréquente chez les personnes diabétiques. Elle peut réduire l’énergie disponible, le désir sexuel et la capacité à se rendre disponible à l’autre, chez les femmes comme chez les hommes. Elle renforce donc souvent le cercle vicieux des difficultés sexuelles.

Le diabète est une maladie chronique qui peut également peser sur le moral, l’estime de soi et la relation au corps. Le stress, l’anxiété, la dépression et la charge mentale liée à la maladie et aux traitements peuvent réduire la libido, perturber l’érection ou la lubrification, et renforcer l’angoisse de performance.

Il suffit parfois d’une pensée anxieuse pour bloquer une réponse sexuelle pourtant possible sur le plan physique. Le stress chronique entretient aussi le déséquilibre glycémique et peut, dans certains cas, pousser à se réfugier dans l’alimentation, favorisant la prise de poids et une perte de confiance en soi.

Fatigue physique et facteurs psychologiques sont donc souvent étroitement liés et s’influencent mutuellement, avec un impact direct sur la sexualité.

En conclusion

Les difficultés sexuelles liées au diabète sont fréquentes, multifactorielle et légitimes. Elles peuvent impacter la relation de couple, l’estime de soi et la qualité de vie globale, mais des solutions existent.

Des sexologues formés peuvent aider les patients diabétiques à comprendre ces difficultés et à mettre en place des stratégies pour les gérer efficacement

Depuis 2023, les consultations auprès des sexologues membres de la Société Scientifique de Sexologie de Belgique (SSUB) peuvent bénéficier d’un remboursement. La liste des sexologues agréés est disponible sur : www.ssub.be

Contenu rédigé en collaboration avec Charlotte Leemans, Sexologue et Psychologue Doctorante en faculté des sciences psychologique et de l'éducation (UCL)

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